Gaillard / cérémonie de vœux d’Annemasse Agglo

Gaillard / cérémonie de vœux d’Annemasse Agglo

Gaillard / cérémonie de vœux d’Annemasse Agglo 1500 2000 Virginie DUBY-MULLER


Le Dauphiné Libéré, 25 janvier 2019
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Cérémonie de vœux d’ Annemasse Agglo mercredi soir à Gaillard

Monsieur le Préfet,
Madame le Sénateur,
Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Mesdames et Messieurs les Conseillers départementaux,
Monsieur le Président d’Annemasse Agglo,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,
Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous retrouve pour cette traditionnelle cérémonie des vœux à Gaillard.
Je suis ravie d’être à vos côtés pour vous présenter mes vœux pour l’année 2019 que nous entamons.
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Et quelle année 2018 ! Nous venons de refermer la porte sur une année charnière, explosive mais révélatrice, difficile et contrastée.
2018, ce fut l’année de la colère sociale, l’année de l’incompréhension pour une partie de la population française.
C’est de cette France dite « périphérique » dont je souhaite vous parler ce soir,
• ces Français qui se lèvent tôt,
• qui travaillent ou ont travaillé toute leur vie,
• qui payent leurs impôts,
• et qui, depuis des années, ne se sont pas fait entendre.
• Ces classes moyennes, si importantes pour garantir le lien social de notre Nation, qui demandent simplement à pouvoir vivre décemment.
La crise que nous connaissons ne date pas d’hier. Cela serait mentir que d’en imputer l’entière responsabilité à un dirigeant ou à un autre. Cela serait surtout contre-productif, car le risque aujourd’hui, qui nous menace de plein fouet, est considérable : nous risquons l’épuisement, l’implosion de notre modèle social.
• Car la crise de représentation politique,
• l’atomisation des mouvements sociaux,
• le sentiment de déclassement des classes populaires,
• et la communautarisation,
risquent de faire émerger un nouveau modèle qui ne fait plus société, qui se scinde et se divise. C’est ce qu’a analysé le sociologue Christophe Guilluy : les territoires qui dysfonctionnent aujourd’hui ne sont plus seulement les marges des ghettos ou de la désindustrialisation, mais aussi des villes moyennes, des petites villes, des zones rurales.
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Je crois donc que nous ne devons pas minimiser le mouvement des gilets jaunes, où y apporter une réponse uniquement partielle.
• Initialement, c’est un mouvement non violent qui a émergé, en réaction à des hausses insupportables de la fiscalité, notamment sur le carburant. C’était un cri d’alerte face à un acharnement fiscal, face à l’abandon des territoires. Voilà le premier problème.
• Ensuite, une partie du mouvement s’est radicalisée, ou a été instrumentalisée vers la radicalisation. Les casseurs ont profondément dénaturé le message initial, avec des violences contre nos forces de l’ordre, des destructions de bâtiments publics et de commerces, des blocages qui viennent directement empêcher de circuler les citoyens et pénalise notre économie. Cette remise en cause de l’ordre républicain est intolérable, inacceptable. Voilà le deuxième problème.
• Et je serai toujours du côté des forces de l’ordre, et nous ne les remercierons jamais assez de garantir, dans des conditions difficiles, un principe cardinal de notre contrat social : l’Etat de droit.
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Face à ce constat difficile, ce n’est donc pas la question de la culpabilité de tel ou tel dirigeant qui m’importe, mais uniquement la question des solutions à y apporter.
Le Grand débat national qui vient de s’ouvrir, doit faire ses preuves.
Et par esprit de responsabilité, je veux qu’il réussisse, pour ramener le calme et la sérénité dans la Nation française.
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Ma priorité numéro un est le redressement de notre pays : c’est le sens de ma mobilisation, constante, au service de l’intérêt général. Cette année 2018 n’y a pas dérogé.
Que cela soit :
• sur les textes budgétaires,
• sur les lois pour assurer notre sécurité,
• ou relatives à notre réforme de la justice,
• à notre agriculture,
• à nos emplois,
• à nos entreprises,
j’ai toujours agi avec ce prisme de l’efficience de l’action publique, au plus près des besoins du terrain, dans le respect de ceux qui travaillent. C’était le sens de tous mes amendements, de toutes mes propositions de loi, et de mes interventions.
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En tant que parlementaire dans l’opposition, je n’ai évidemment pas toujours été entendue. Mais vous pouvez compter sur moi pour continuer à proposer, à défendre ces idées qui me paraissent justes et surtout transpartisanes, et à me mobiliser.
Le bilan, c’est que je figure parmi les députés les plus actifs à l’Assemblée nationale. Mon travail à l’Assemblée Nationale a continué à être rythmé par les sujets culturels, notamment dans le cadre de la commission des affaires culturelles et de l’Education dont je suis membre.
Je suis aussi toujours très investie sur les sujets numériques, et je figure d’ailleurs à ce titre parmi les 31 députés, sur 577, reconnus comme « experts » sur les thématiques numériques.
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Au terme de ce bilan national, si l’année que nous venons de quitter a été mouvementée en politique, elle fut aussi une année bouleversée, de nouveau, par la menace terroriste, et je souhaite ce soir rendre hommage à ses victimes.
Je suis persuadée qu’un des premiers droits des Français, c’est celui de la sécurité.

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Heureusement, la réalité est aussi plus positive sur notre territoire, qui continue de rayonner, de marquer les esprits par son dynamisme et son audace.
Vous le savez, je ne suis pas une élue hors-sol, mais je suis avant tout une élue de terrain, proche de mon département et à l’écoute des Haut-Savoyards. Mon territoire est mon ancrage, ma boussole.
Je suis notamment très mobilisée avec le Conseil départemental de Haute-Savoie pour améliorer la qualité de vie de nos concitoyens. Il est clair que la diminution historique des dotations que verse l’Etat aux collectivités territoriales rend la situation très complexe.
Mais nous maintenons le cap, pour notre territoire. Et c’est le cas pour l’année 2019 à venir.
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Avec plus de 920 millions d’euros, le budget 2019 du Département de la Haute-Savoie est toujours fléché vers un haut niveau d’investissement, une réduction de l’encours de dette, et la maitrise des dépenses de fonctionnement. En somme, une gestion saine de l’argent public.
• Pour la 8ème année consécutive, le département choisi aussi de ne pas augmenter ses impôts,
• maintient le gel de la fiscalité Départementale,
• mais continue d’investir, avec 285 millions d’euros.
• C’est un niveau d’investissement record, en hausse de 20%.
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Presque 40% du budget du département pour 2019 se consacre aux solidarités humaines, à la cohésion sociale. Notre objectif est clair : ne laisser personne au bord du chemin.
Car vous le savez, si la Haute-Savoie est un territoire avec de nombreuses richesses, où il fait bon vivre, c’est aussi un département où les écarts de salaire sont importants, où le niveau de vie est élevé et donc difficile à suivre pour certains de nos concitoyens.
Le coût du foncier et du logement sont particulièrement élevés, en particulier dans la région annécienne, dans le Genevois en zone frontalière, et en station. Le coût de la vie est quant à lui aussi élevé qu’à Paris, en raison de la proximité avec la Suisse. Alors que nous accueillons en moyenne 11 000 habitants de plus par an, nos administrations sont directement pénalisées et souffrent notamment d’un important turn-over de leurs personnels qui renoncent à vivre en Haute-Savoie. Certains fonctionnaires préfèrent résilier leur mutation avant même de s’installer, dès lors qu’ils ont constaté le coût élevé de la vie et du foncier. Le taux de vacance de postes est d’ailleurs relativement important dans les trois versants de la fonction publique, notamment à la Direction départementale de la Police Aux Frontières, à la Direction Départementale des Finances Publiques, et au Commissariat d’Annemasse. C’est aussi le cas pour la fonction publique hospitalière : le territoire souffre d’une pénurie de personnel soignant.
C’est donc mon objectif depuis plusieurs années : permettre à chacun de vivre décemment sur notre territoire, accompagner les plus démunis, être un relai entre le département et les mairies pour accueillir nos concitoyens.
Je propose aussi, depuis plusieurs années, l’instauration d’une indemnité de résidence – que vous connaissez peut-être mieux sous le nom de « prime de vie chère » – pour inciter nos fonctionnaires à s’installer. Les discussions sont en cours, je suis en contact avec le Ministre Gérald DARMANIN à Bercy sur ce sujet.
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Avec le Département, nous sommes aussi extrêmement mobilisés pour accompagner les grands projets structurants pour notre territoire :
• par exemple la requalification de l’entrée Ouest de Saint-Julien-en-Genevois, avec un budget de 3,3 millions d’euros en 2019 ;
• et le désenclavement du Chablais avec la création d’une voie nouvelle de raccordement de la RD1206 au futur échangeur A40 à Viry.
Ces problématiques de mobilités sur le territoire font l’objet d’un fort engagement du Département, et notamment pour concilier les déplacements avec les impératifs de préservation de l’environnement et de la qualité de l’air.
A ce titre, pour accélérer par exemple la réalisation d’aménagements cyclables, le Département finance jusqu’à 80% le coût des pistes cyclables sur les itinéraires inscrits dans son plan départemental « Haute-Savoie Vélo Voies Vertes ». Le Département intègre aussi les principes de développement durable dans ses politiques, avec le Fonds Air Bois, le Fonds Air Industrie, mais également dans ses actions quotidiennes, en lien avec son Plan Climat Énergie.
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Les grands projets structurants sur lesquels nous sommes mobilisés concernent aussi notre économie, notre jeunesse, nos commerces, comme par exemple :
• Le soutien au projet Transintech à Archamps pour 200 000 euros ;
• La construction de 2 nouveaux collèges à Vulbens et Vétraz-Monthoux, pour lesquels des autorisations de programme de 49 millions d’euros ont été votées.
Au sein du département, nous avons aussi souhaité en 2019 maintenir notre soutien aux collectivités locales, notamment aux communes et aux intercommunalités dans leurs projets, en travaillant aussi en synergie avec la Région. L’objectif : être le garant de la cohésion territoriale.
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Enfin, je suis toujours très mobilisée pour renforcer la coopération transfrontalière, qui est naturellement dans notre ADN à tous. Les relations entre la Haute-Savoie et le canton de Genève sont historiques, évidents dans notre tradition et notre patrimoine.
Si une frontière, j’oserais dire presque « administrative », nous sépare, notre bassin de vie commun rend nos 2 pays profondément interdépendants. De cet environnement commun, de ce marché du travail commun, de ces traditions communes, nous avons su tirer une force et une attractivité indéniables.
C’est le cas dans de nombreux secteurs, comme dans l’industrie, l’agriculture, dans l’horlogerie, dans les nouvelles technologies…
C’est aussi, logiquement, le cas en ce qui concerne notre action publique, puisque le Genevois nous unis. J’en suis convaincue depuis des années, notre situation géographique et nos liens historiques entre la France et la Suisse sont une force.
• Je continue donc d’accompagner le travail du Groupement transfrontalier européen, le GTE, qui représente plus de 32 000 frontaliers, notamment en soutenant leur projet de nouveaux locaux dans le bâtiment Celeno, avenue Emile-Zola à Annemasse ,avec la Région et le Département. Le GTE n’avait en effet plus de site propre depuis l’incendie qui avait détruit ses locaux en juin 2017.
• Je me réjouis aussi de voir aboutir des projets de long terme, et de contribuer à leur mise en œuvre.
• Pour 2019, je pense notamment, en terme de mobilité, au CEVA et au pôle d’échanges multimodal d’Annemasse. Le bassin franco-genevois souffre actuellement d’un fort déficit d’infrastructures et d’offres en matière de transport en commun transfrontalier : moins de 16 % des personnes qui effectuent les 550 000 déplacements quotidiens enregistrés à la frontière du canton de Genève utilisent les transports en commun, faute d’une offre adéquate. Dès son premier trajet, le CEVA va entrainer de nombreuses conséquences positives pour le territoire. Il incarne en effet la colonne vertébrale d’une ambition plus globale de transport collectif multimodal :
o bus à haut niveau de service ;
o tramway ;
o projets de covoiturage pour lutter contre l’autosolisme.
Avec mon collégue Martial SADDIER, nous nous sommes notamment fortement mobilisé lors de l’examen du projet de de loi autorisant l’approbation de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Conseil fédéral suisse concernant la modernisation et l’exploitation de la ligne ferroviaire d’Annemasse à Genève. C’était un texte fort, sur lequel nous étions évidemment présents à l’Assemblée nationale.
• Pour améliorer notre coopération frontalière, je pense aussi à la convention sanitaire franco-suisse, votée aujourd’hui à l’Assemblée nationale. L’augmentation de la population met au défi nos politiques sanitaires et nous misons tout naturellement sur la coopération pour résoudre nos difficultés, notamment de démographie médicale et en personnels de santé, vu l’attractivité de la Suisse. Cet accord cadre permettrait d’assurer un meilleur accès à des soins de qualité pour les bassins de vie autour de la frontière, en garantissant une continuité des soins et un recours plus rapide au secours d’urgence, et en favorisant la mutualisation des connaissances, des pratiques, et des moyens humains et matériels.
Le bouclage de l’IFSI a enfin abouti grâce à une co-maitrîse d’ouvrage entre le CHAL et l’agglomération, les terrains d’Ambilly et une participation de 4 millions d’euros de la région.
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Voilà le bilan, évidemment non exhaustif, que j’ai souhaité brosser concernant la situation de notre territoire de Haute-Savoie. C’est le fondement de mon engagement, mon ancrage. Philippe Séguin expliquait d’ailleurs que « c’est en retrouvant la réalité du territoire que nous retrouverons l’homme», et je ne peux qu’y souscrire.
J’en profite aussi pour remercier mon suppléant Jean-Paul Bosland, ainsi que mon équipe parlementaire, qui m’accompagne quotidiennement dans mon travail, sur le terrain et à l’Assemblée nationale : Mélinda, Célia, Lauriane, et Louisa.
Je vous souhaite, à toutes et à tous une excellente année, avec beaucoup de succès, d’audace, de bonheur partagé avec vos proches. Recevez mes vœux les plus chaleureux, sincères et amicaux de santé et de prospérité pour l’année 2019 qui vient de s’ouvrir !
Je terminerai par une citation, que je trouve inspirante, de Nelson Mandela : « En faisant scintiller notre Lumière, nous offrons la possibilité aux autres d’en faire autant ». Alors, dans cet esprit de partage, de cohésion, de solidarité, faisons donc, ensemble, scintiller cette lumière !

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