Abstention sur le Projet de loi portant mesures d’urgence économiques et sociales

Le 21 décembre 2018 |

Cette nuit dans l’hémicycle à 4h32, nous avons voté sur les annonces d’Emmanuel Macron faisant suite à la crise des Gilets jaunes.  Je me suis abstenue sur ce projet de loi.

 

Après 18 mois d’obstination, le Président de la République a reconnu une partie de ses erreurs. Avec mes collègues des Républicains, nous avons approuvé plusieurs des mesures de bon sens qui ont été annoncées, que nous proposions d’ailleurs depuis le début du quinquennat !

Malheureusement, nous constatons aussi aujourd’hui un décalage entre les annonces du Président et les mesures finalement décidées par votre Gouvernement.

  •  Les retraités durement impactés par la CSG ne verront une annulation de la hausse que dans plus de 6 mois. Surtout, plus de 3 millions de retraités resteront sur le carreau, toujours autant taxé, car ils ne rentrent pas dans les critères.
  •  Finalement, alors qu’Emmanuel Macron nous a annoncé des heures supplémentaires défiscalisées, les salariés continueront de payer la CSG et la CRDS sur les heures supplémentaires, lesquelles resteront également soumises aux charges patronales ! Il n’y aura donc pas d’incitation pour les entreprises ni les employeurs à proposer des heures supplémentaires. On est très loin de la mesure de Nicolas Sarkozy de 2007 !
  •  Enfin, Emmanuel Macron a annoncé que le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois dès 2019. Là encore, c’est faux : 50 % des salariés au SMIC ne profiteront pas de cette revalorisation car leur conjoint gagne plus que le SMIC.

 

Surtout, ce texte n’est absolument pas financé. Malgré la croissance favorable des débuts, le Gouvernement refuse de réduire la dépense publique et choisi toujours d’augmenter la pression fiscale sur les ménages. Avec ces mesures, notre déficit s’établirait ainsi à 3,2% au lieu des 2,8% prévus initialement. La seule solution pour assurer la justice et l’équité : un vrai plan de baisse des dépenses pour pouvoir baisser les impôts, et un vrai plan de compétitivité des entreprises.