Intervention sur la présentation du rapport de B. Studer sur le « numérique à l’école »

Le 12 octobre 2018 |

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Je vous remercie pour cet exposé passionnant. Le numérique à l’école est assurément un enjeu énorme du 21ème siècle, pour notre Education nationale.
Dans votre rapport, vous soulignez le fait que les compétences des professeurs documentalistes sont sous-utilisées dans le numérique. Vous recommandez la mise en place d’une « pédagogie de projet », en leur donnant un rôle de pivot de l’EMI (-l’éducation aux médias et à l’information et la stratégie numérique-). Comment concrétiser ce souhait que nous partageons ? Concrètement, faudra-t’il mettre en place de nouvelles formations, de nouveaux recrutement ?

• Votre rapport revient très justement sur l’enseignement du numérique, notamment au lycée. La capacité à programmer va probablement devenir une compétence indispensable dans le monde de demain, ainsi, d’ailleurs, que la capacité à comprendre la nature et le fonctionnement des algorithmes. Il y a un enjeu social à ce que l’école dispense cet enseignement. Il importe donc que l’informatique devienne une matière à part entière. Selon les estimations de la Société Informatique de France, le volume horaire annuel des nouveaux enseignements d’informatique au lycée serait au minimum de 30 000 heures et pourrait rapidement dépasser les 50 000 heures, et le nombre de professeurs à recruter ou à former de 3 000 au minimum. Votre rapport souligne qu’il existe aujourd’hui une option «Informatique » à l’agrégation de mathématiques, datant de 2006, ainsi qu’au sein du concours du CAPES de mathématiques à compter de la session 2017. Pour le CAPES, 1 040 candidats ont concouru dans cette option ; 102 ont été reçus (sur un total de 1 242 reçus). La question de la formation des enseignants à ces nouveaux contenus est donc posée, et représente un vrai enjeu. Le rapport juge que la création d’un CAPES et d’une agrégation d’informatique sont désormais indispensables pour former et recruter des enseignants des matières créées au lycée – « Humanités scientifiques et numériques » et « Numérique et sciences informatiques ». Comment créer une filière attractive pour les professeurs, et surtout sous quel délai ? Comment pallier, au moins temporairement, au manque de personnel formé ? Devrons nous mettre en place des passerelles pour certains professeurs ?